ÔDOUN OGBODO et EGBIN: Dr Cheto Mathieu Lanokou nous parle du Calendrier sacré des Guèlèdè de Pobè

Quelques images illustratives

Ogbodo et Ègbin : Calendrier sacré des danses de Guèlèdè de Pobè.

Ogbodo et Ègbin rythment, depuis des siècles, la vie rituelle de Pobè. Grandes et petites fêtes de
l’igname, elles structurent le calendrier sacré au cours duquel se déploie l’extraordinaire univers des
danses et masques Guèlèdè. De la profondeur nocturne d’Oro-Ifè aux chorégraphies éclatantes d’Oro-
Osan, chaque manifestation révèle une étape essentielle du dialogue entre les ancêtres, les divinités et la communauté. À travers ces moments codifiés, Pobè perpétue un héritage esthétique, spirituel et social qui demeure l’un des trésors majeurs du patrimoine nago-yoruba.

1. Grande fête traditionnelle de l’igname : Odoun-Ogbodo ou Ilaman

La fête traditionnelle incontournable à Pobè est la fête de mise en consommation de la nouvelle igname.
Placée sous le haut patronage du roi, cette fête est double. Il y a la fête odoun ogbodo, ou « grande fête
de l’igname », et la fête odoun égbin, ou « petite fête de l’igname ». Chaque année, la grande fête se déroule à la fin de la grande saison des pluies qui couvre la période d’avril-juin à juillet, tandis que la
petite fête marque la fin de la petite saison des pluies ou saison sèche, qui a cours de septembre à octobre. Ilaman est le rituel au cours duquel est célébrée l’unique cérémonie nocturne consacrée annuellement à
la mise en consommation publique de la nouvelle igname, par les officiants et grands dignitaires du
culte d’Ohoundo. Il a lieu dans la forêt sacrée Opo, le lieu consacré aux cérémonies et aux offrandes
à Ohoundo-Oranyan.
La danse des masques sacrés guèlèdè, de nuit (oro-ifè) et de jour (oro-osan), celle des génies de la forêt, ainsi que celle des Orisa-men (Olorisan), constitue une séquence et un important maillon des festivités et du rituel de la fête d’Ilaman.

À Igbo-Onan, les artisans rivalisent d’ardeur pour la fabrication des masques guèlèdè, leurs peintures et
leurs accoutrements. Toute personne qui se serait rendue coupable d’avoir goûté à la nouvelle game avant son offrande à Ohoundo, premier consommateur avéré, serait frappée de malédiction et de mort.

En effet, la grande fête met en relief l’igname qui doit d’abord être offerte aux génies.


À l’occasion de la grande fête d’Ogbodo, la danse de guèlèdè nocturne est pratiquée à Ohoundo et suivie immédiatement par la danse des Olorisha. Le deuxième jour, les activités prennent fin par le rituel d’ajé, caractérisé par la danse Ajé exécutée par les Ayawo et les Agbalè, en transe, sous la direction de Iyalajé, (la femme qui a rang de ministre de l’Économie).

« Le deuxième jour de leur sortie »: les petits masques de jour (les agou-chichin) mettent fin aux cérémonies par leur danse appelée adabo. En cette circonstance solennelle, s’il est constaté que l’igname à offrir en rituel à la divinité n’est pas encore parvenue à maturation pour être consommée dans un repas de communion, l’animal immolé en offrande doit attendre jusqu’au lendemain avant d’être préparé et mangé. Cela s’appelle « Ogbodo apa-fou-oun-nin », qui signifie « tuer et laisser séjourner ». Dans ce cas, certaines manifestations sont d’office recommandées. Parmi celles-ci, il y a la danse d’oro-ifè qui doit impérativement se tenir le dix-
huitième jour de l’offrande.
À l’inverse, si l’igname est prête à être consommée, on pratique « Ogbodo, akpa-gbé » : Akpa-gbé signifie « aussitôt tué, aussitôt enlevé ». Dans ce cas, au contraire de Akpa-fou-oun-nin, l’animal immolé est aussitôt préparé et servi à l’autel d’Oranyan et aux dignitaires, conformément aux coutumes. Il en est de même pour l’igname, puisque son degré de maturité ne fait plus l’objet d’aucun doute.

À cet effet, des rituels spécifiques de renforcement spirituel s’imposent : Oro-ifé, c’est-à-dire le « guèlèdè de nuit », célèbre sa danse obligatoirement le neuvième jour d’Ilaman.

2. Petite fête de l’igname : odoun ègbin

Odoun-égbin, la petite fête de l’igname, a lieu vers la fin de la saison sèche. C’est la fête des ignames de second ordre, c’est-à-dire les ignames blanches du genre obalè, et les ignames jaunes, du type alakisa et ésouroun, qui ne viennent à maturité qu’en saison sèche. Le déroulement de cette cérémonie contient plusieurs phases :

  • le démarrage des rituels de la fête d’ègbin, « petit Ilaman » ;
  • la danse d’Oro-Ifè, se déroule le neuvième ou le dix-huitième jour du petit Ilaman, en stricte conformité avec les prescriptions du médium de Oranyan;
  • le vingtième jour est consacré à la danse des guèlèdè de jour ;
  • le vingt-et-unième jour, les masques adolescents de jour, Agouchin fournissent leur prestation sur la même place publique. Cette manifestation met fin à la petite fête de l’igname.
    En dehors des fêtes de l’igname, les Guèlèdè diurnes se déploient également lors de rencontres majeures ou de la visite d’hôtes de marque. Ils constituent alors le plus prestigieux hommage que Pobè puisse offrir, un spectacle d’honneur et de reconnaissance réservé aux invités/visiteurs les plus distingués.

3. Rituels des masques guèlèdè

Les manifestations de guèlèdè, qu’elles se déroulent de nuit dans la solennité des rituels sacrés ou de
jour dans l’éclat des danses acrobatiques, suivent une succession d’étapes codifiées qui révèlent la profondeur spirituelle et esthétique de cette tradition à Pobè.

3.1. Manifestations du guèlèdè de nuit:
Il convient de préciser que la sortie de guèlèdè de nuit est précédée d’une série de rituels qui se déroulent autour de l’arbre fétiche de la place publique, devant le Palais royal. Posés sous l’arbre fétiche séculaire.
Aba-Ita: (le ficus de la place publique, l’arbre de la renaissance du royaume de Pobè), trois tambours igna-ilou, ako-ilou et omélé agrémentent la fête. Leur emplacement est un véritable centre de gravité, autour duquel les rituels, les danses et les chansons s’exécutent toute la nuit durant, jusqu’au petit matin.

3.1.1. Premiers rituels: Irégou, Ikédé, Iya-nla (orisa-nla)

Irégou: un groupe d’initiés, hommes et femmes, font trois fois le tour de l’arbre fétiche Aba en entonnant et reprenant en chœur des chansons mystiques, rythmées au son des tam-tams sacrés : igna-ilou (grand tam-tam), omon-ilou (petit tam-tam), omélé (tam-tam rythmique).

Ikédé: le dignitaire Iwolé, maître de cette cérémonie, fait pousser par la foule un cri particulier.
La divinité Iya-nla ou orisa-nla apparaît alors, sous la forme d’un cylindre de trois à six mètres de
diamètre, sur une hauteur d’environ deux mètres cinquante. Iya-nla est toute couverte de pagne blanc. Elle fait trois fois le tour de l’arbre de la renaissance, accompagnée de la chanson « Orisa nla é, é éru é,
éru koméré, Orisa nla é, é Iya-éru koméré, Olodé-ounpadé, Iya iwa ounpadé, gboro pèrè », chanson dont le sens évoque « le grand Orisa, l’esclave qui refuse l’apaisement, et le maître de l’espace qui circule en visite de courtoisie et de prospection».

3.1.2. Deuxièmes rituels: Efa, Agbagba, Igbénan (le flambeau).
Efa: c’est un ensemble de chants qui invitent Igbénan (le flambeau) à faire son apparition sur la place publique. Igbénan: de la place publique, on voit alors apparaître au loin, à une hauteur moyenne de trois mètres, un lobe de flamme qui arbore, en pendentif, un rideau de rameaux de palme. Il est entouré d’une foule d’hommes qui chantent en chœur : « Isaréo é aréwa, à ko yèyè adé é, Icharéo é aréwa, égbè ako yèyè lawa adé é ». Igbénan: est une danse qui se fait en présence et autour du flambeau : c’est la seule lumière autorisée cette nuit-là. Toute autre lueur d’origine humaine serait sévèrement réprimée. Son apparition est parfois précédée d’une petite chanson, appelée orin-onan, chanson de route.
Cette danse vient comme substitution à un ancien rituel, appelé Agbagba. Ce fut, en son temps, un jeu de marionnettes d’animaux mystiquement chargés, faites de raphia, qui se déplaçaient sur un fil de coton.
Le feu provient de trois branches d’arbres fourchues au sommet, auxquelles on attache un pot en argile préalablement ceinturé de rameaux de palme et rempli intérieurement de brindilles de bois Ata (fagara), sur lesquelles on verse du pétrole ou de l’huile rouge, que l’on enflamme. Les trois flambeaux ainsi constitués sont appelés Igbénan.

3.1.3. Troisièmes rituels:Ipé-guèlèdè (Oro-Orou).
Ces rituels correspondent à l’arrivée sur scène du guèlèdè de nuit. La parution du guèlèdè sur la place
publique est caractérisée par une chanson spécifique, reprise en chœur. Ce chant est fait de plusieurs refrains qui se succèdent.
« Epééé fawao, a founpé kopé ; gbogbo icharé to toun tossi, épé (la devise du chroniqueur) fawa », soit
: « Appelle- nous, que le trompettiste nous appelle, que les spectateurs de la droite et de la gauche nous
appellent « le chroniqueur » x » (x est le nom panégyrique, la devise, de ce guèlèdè ». Par exemple : x = Alasehan = celui qui abuse ; ou bien Aja osu = l’étoile ; ou encore Olokogan ou Olokosè, qui sont deux noms d’oiseaux.
À son arrivée sur la place publique, le guèlèdè s’assied devant la case abritant la tombe du roi Doudou-
Ala, lieu des bienfaits ancestraux et loge des notables durant la nuit rituelle. C’est là qu’il entonne ses
chants, tourné vers l’Est, l’Ouest et autour de l’arbre fétiche, afin que tous puissent le voir et l’entendre.
Avant cela, Alukoso lui adresse le salut rituel : frappant deux fruits secs de koso, il invoque Ohoundo,
Akpaké, les Orishas Ashé et les 256 Orisa du panthéon nago, implorant bénédiction, abondance et
protection pour Pobè et le Bénin. Par ces pouvoirs, il accueille le griot et souhaite que sa danse apporte prospérité et santé à la communauté. Il invite alors Oro-Orou, le « chroniqueur de nuit », à prendre la parole. Celui-ci se lève, lève ses deux queues de cheval vers le ciel et pousse trois cris perçants, hooo ! hooo ! hooo ! pour rassurer le public et affirmer sa présence. Cette clameur rituelle est reprise avec ferveur par la chorale populaire, dont le chef lance le slogan « éfa-ïsan, éfa-ïsan, éfa-ïsan », auquel toute l’assemblée répond d’une seule voix: « hooo ». Le chroniqueur enchaîne ensuite, à l’image d’Alukoso, par des invocations aux dieux de la cité,
sollicitant leur générosité pour assurer une bonne saison, une moisson féconde et pour que sa danse apporte santé, abondance et prospérité à Pobè et au Bénin.

Toujours accompagné de deux ou trois acolytes qui l’aident à rappeler les chants, il introduit chaque morceau par une brève explication, souvent teintée d’humour, mettant en lumière les aspects sensibles,
critiques ou satiriques de ses messages. Ceux-ci prennent la forme de vers philosophiques, éducatifs ou moralisateurs, fidèles à la tradition lyrique du guèlèdè.
Dès son arrivée, au petit matin, le chroniqueur récitera neuf types de chansons, intitulées : Ijiba, Itéjiba, Adagbé, Iworo, Ilaro, Ibéré (ou achouré ou adagbé), èfa (1 et 2), Iwouré et Iwolè (ou Gila-a-aro)

3.2.Manifestations des guèlèdè de jour.


Les masques de jour Oro-osan, portés directement sur le visage, réduisent considérablement le champ visuel du danseur, qui ne perçoit le monde qu’à travers les deux orifices ménagés au niveau des yeux. Cette contrainte explique la présence indispensable d’un acolyte-guide, qui le tient par la main et assure chacun de ses déplacements. Lors des moments de danse, cet accompagnateur demeure constamment à ses côtés, veillant à éviter tout heurt, faux pas ou chute

D’une grande beauté plastique, les masques Oro-osan offrent un spectacle saisissant, tissé
d’enchaînements rythmés, d’élans maîtrisés et d’une gestuelle à la fois sobre et expressive. Leur chorégraphie, éclatante de couleurs et d’harmonie, unit le corps et l’esprit dans un mouvement continu qui captive, surprend et émerveille quiconque y assiste. Les séquences des Guèlèdè de jour.
Au lendemain de la danse nocturne, durant la fin de la période de petite saison des pluies (odoun ègbin),
se tiennent les Guèlèdès de jour, Oro-osan, réputés pour leurs danses acrobatiques. Deux types de masques y participent: mâles et femelles, ces derniers reconnaissables à leurs attributs et à leur calebasse fessière. Fidèles à la tradition, ils dansent toujours en paires de quatre, huit ou seize, conformément à l’ordre binaire de Ifa.
La cérémonie s’ouvre avec Ibaïso, danseur masqué chargé de présenter plusieurs tableaux depuis Asè jusqu’au centre de la place publique, avant de conclure près des joueurs de tam-tam. Peu après, suivent les premiers groupes de masques féminins, accompagnés de deux masques masculins. Les entrées se font par le sud-est, avec une première présentation à l’entrée de la place, puis une seconde devant Ilé-égou, après que tous les danseurs ont achevé la première phase.
Chaque groupe propose deux séries d’enchaînements, guidées par les chants rituels repris par les tam-
tams. Une parfaite synchronisation entre chanteurs, tambours et danseurs est essentielle, et les
performances les plus admirées sont celles intégrant des figures complexes exécutées avec maîtrise. Les guèlèdès mâles, quant à eux, se distinguent par une danse fondée sur la rotation rapide du corps, parfois si maîtrisée que les tambours doivent prolonger la musique.
Le dernier groupe est suivi de Iya-Oro, « la mère des guèlèdès », qui exécuté l’enchaînement complet regroupant les styles masculins et féminins. Ces danses attirent une affluence considérable : habitants de Pobè, villages et hameaux voisins se rassemblent pour admirer la diversité des masques, aux couleurs éclatantes, aux coiffures variées et parfois coiffés de plateaux sculptés ou de cages ornées d’oiseaux.

Contrairement aux guèlèdès nocturnes réservés aux nagos natifs, les danses diurnes accueillent aussi des non-originaires, notamment des ressortissants fons de Covè comme Messieurs Hounkokoé et Cakpo. Les Fons de Covè, venus travailler dans les palmeraies de l’IRHO (actuel CRAPP), séduits par ces masques, en ont fait leur culture d’adoption. Pobè est le berceau essentiel de la danse guèlèdè d’Agonli-covè.

  1. Continuité du patrimoine et renaissance culturelle

Que les rituels d’Ogbodo et d’Ègbin, que les danses nocturnes d’Oro-Ifè et les chorégraphies diurnes d’Oro-Osan, perpétués depuis des générations à Pobè, s’inscrivent désormais dans l’élan national de
renaissance culturelle porté par le Gouvernement béninois. À travers la sauvegarde des traditions, la
valorisation des arts sacrés et la mise en lumière des identités locales, l’État béninois prolonge le souffle des ancêtres et ouvre à ces patrimoines vivants un nouvel espace de reconnaissance, de transmission et de rayonnement. Ainsi, la majesté des Guèlèdè rejoint pleinement la dynamique nationale de célébration et de promotion des richesses culturelles du Bénin.

Dr Cheto Mathieu Lanokou // Infos

CULTURE EN MILIEU NAGO-YORUBA: Oro-Ifè et Oro-Osan de Pobè Dr Cheto Mathieu Lanokou nous en parle

Illustrations

Oro-Ifè et Oro-Osan: Univers sacré, esthétique et philosophique des
deux grandes catégories de masques Guèlèdè de Pobè

En prélude à ce troisième numéro de cette série de publications sur la danse des Guèlèdè à Pobè, je
m’incline devant la mémoire du militaire et de toute personne tombés lors de la tentative de putsch
déjouée le 7 décembre. J’adresse mes sincères condoléances aux familles éplorées, notamment à celle
de Madame Berthe Bada, épouse du Général BADA, et réaffirme mon soutien à nos Forces Armées ainsi qu’au Président de la République, Monsieur Patrice A. G. TALON. Je salue le patriotisme du peuple béninois, exprimé dans ces moments d’épreuve. Mes sincères reconnaissances aux dirigeants de la CEDEAO et ceux de ses États membres.

Dans cet esprit de recueillement, mais aussi de résilience, je vous présente à présent cet article consacré aux grandes catégories des Guèlèdè de Pobè, expression vivante de notre héritage culturel.


Le guèlèdè, patrimoine immatériel majeur du monde nago-yoruba, occupe à Pobè une place singulière où se mêlent sacré, esthétique, philosophie et cohésion sociale. Héritage ancestral transmis avec rigueur et respect, il se décline en deux grandes catégories de masques aux fonctions complémentaires : Oro-Ifè, le masque nocturne, unique et sacré, porteur de la parole morale et satirique du royaume; et Oro-Osan, les masques diurnes, multiples et majestueux, dont le silence ritualisé donne sens aux danses codifiées et à la beauté symbolique de leurs apparitions.

1. Oro-Ifè, le Guèlèdè de nuit: Voix sacrée, satirique et gardienne de la vérité.

Le guèlèdè de nuit occupe une place singulière dans l’univers socioculturel nago-yoruba de Pobè. Il est la « presse orale » du royaume. C’est un seul griot: un masque sacré, Baba-Apasa, aussi dénommé Oro-Ifé, « le chroniqueur d’Ilé-Ifé ». À l’inverse des masques de jour, qui sont nombreux, le guèlèdè de nuit est un seul masque. Il ne se manifeste que la nuit. On parle d’Ijo-orou, « la danse de nuit » en dialecte nago pour désigner la danse, ou encore Oro-Oru, « le chroniqueur de nuit ». Sa sortie est précédée des rituels de Iya-nla encore appelés Orisa-nla, Jogou-èyè ou Jogou-apaké, suivi de Igbénan (les flambeaux), tous deux jadis précédés du rituel Agbagba, aujourd’hui disparu.
Le guèlèdè de nuit harangue la foule et la tient en haleine toute une nuit, par l’entremise de messages moraux, de railleries, de satires, et aussi d’une philosophie sociale qu’expriment ses chansons. Elles égaient la société. Ce masque est le favori des personnes âgées et sages, qui font de ses chansons leur
littérature de prédilection.

Les masques de Guèlèdè portés la nuit sont conçus pour offrir au danseur une pleine liberté d’expression, lui permettant non seulement de transmettre ouvertement les messages portés par les ancêtres, mais aussi
d’incarner leur parole avec justesse, force et authenticité. Dans l’obscurité rituelle, le masque devient alors un canal privilégié entre le monde visible et l’univers des esprits. C’est d’ailleurs pour préserver cette parole libre que ces masques ne couvrent pas le visage du porteur. Ces masques de Guèlèdè portés la nuit se distinguent également par leurs longues oreilles, symbole de leur capacité à tout entendre, jusqu’aux murmures imperceptibles du silence nocturne. Oro-Ifè revêt un Agbada, le grand boubou emblématique des Nago-Yoruba, associé à un Kèmbè, un large pantalon traditionnel. Cet ensemble vestimentaire n’est pas un simple costume : il matérialise la
figure du vieil homme sage, détenteur du savoir ancien et porteur des messages transmis par les ancêtres. Par cette parure, Oro-Ifè affirme son statut d’autorité morale et spirituelle, chargé de rappeler à la communauté la mémoire, les enseignements et les valeurs fondatrices héritées des générations passées.

2. Oro-osan: La majesté des masques diurnes dans la tradition des nago

Parmi les us et coutumes les plus marquants de la Commune de Pobè, les masques de jour, Oro-osan, appelés aussi chroniqueurs diurnes, s’imposent parmi les plus prestigieux. Ces masques imposent à leurs porteurs une attitude singulière : le silence. En effet, les rites interdisent toute expression orale sous peine d’une lourde sanction. Les porteurs ne communiquent qu’à travers des gestes codifiés, intelligibles
uniquement pour les initiés et les Iyalatchès.
Contrairement au Guèlèdè de nuit, ces masques sont directement portés sur le visage et ne laissent voir qu’à travers deux petites ouvertures. Leur mobilité étant ainsi réduite, ils sont toujours guidés par un acolyte (Akèro) qui les accompagne dans leurs déplacements et assure leur sécurité, notamment lors des danses. Le spectacle offert par les Oro-osan est d’une grande beauté: une chorégraphie colorée, faite d’élans et de gestes harmonieux qui unissent le corps et l’esprit. Ce rituel, empreint de mystère et de symbolisme, captive l’attention du spectateur et suscite émerveillement et joie. Ils sont composés de masques masculins et féminins.

2.1. Masques féminins, guèlèdè en majesté: Esthétique et rites collectifs

Les masques féminins sont de deux sortes : les Iya-Oro et les Abo-Oro.

Tels qu’illustrer par les photos de la planche 2, Iya-Oro tient en mains deux (2) Èjò, un instrument emblématique des pratiques chorégraphiques nago-yoruba, fabriqué à partir de la queue du cheval et utilisé dans diverses danses traditionnelles. Quant aux Abo-oro, elles portent souvent des éventails, accessoires à la fois esthétiques et rituels, considérés comme des symboles de pouvoir et de dignité qui magnifient la noblesse de leurs mouvements.
À l’exception d’Iya-oro, c’est-à-dire la mère des masques, qui danse seule, les masques femelles, appelés Abo-oro, se produisent toujours par équipes de seize. Ce nombre est en harmonie avec les 16 premiers versets purs de IFA (les 16 odou). Il en résulte qu’ils dansent en paires de quatre, de huit ou seize. Ces masques sont caractérisés par la proéminence de leurs seins, et par leurs majestueuses fesses, on ne peut plus impressionnantes, qui se posent comme une marque de beauté princière. Leur danse est une série d’enchaînements acrobatiques très appréciés du public. C’est toujours par compétition entre deux groupes adversaires qu’ils présentent leurs danses sacrées. Ce sont des sortes de bals masqués. De leurs compétitions sort toujours une équipe victorieuse, identifiée en pleine exhibition par les ovations de la foule. Les masques symbolisant des hommes présentent des coiffures diverses, certains sont des hommes chauves ; ceux des femmes sont tressés ou nattés de façon variée. Certains masques portent sur leur tête des plateaux contenant divers objets, ou des cages sculptées garnies d’oiseaux de toutes espèces, peints dans des couleurs qui permettent de les identifier. En effet, les sculpteurs ne manquent pas de talent pour façonner et décorer plusieurs masques.
Par contre, les masques des guèlèdè diurnes imposent à leurs porteurs une attitude singulière : le silence.

En effet, les rites interdisent toute expression orale sous peine d’une lourde sanction. Les porteurs de
masques de guèlèdè diurnes ne communiquent qu’à travers des gestes codifiés, intelligibles uniquement.
Sur la poitrine des guèlèdè femelles sont noués dix (10) pagnes, chacun d’une superficie de deux (2) mètres carrés. Ces pagnes sont traditionnellement collectés auprès des femmes épouses issues de la famille. Toutefois, les pagnes appartenant à celles dont le comportement est jugé non conforme aux valeurs familiales sont systématiquement écartés.

2.2. Masques masculins (Ako-oro)

Une équipe de masques masculins est composée de deux danseurs, qui dansent ensemble. Leurs danses consistent à exécuter un enchaînement sportif suivi de tourbillons, les deux bras en l’air et un ou deux pieds au sol.

Ako Oro incarne la jeunesse fougueuse, pleine d’énergie et de vivacité, mobilisée pour divertir et égayer le public en hommage aux femmes. Son port du pantalon, attribut distinctif du masculin dans la culture nago-yoruba, souligne son identité et son rôle au sein de la performance. Masculins ou féminins, la danse des masques diurnes fait l’objet d’âpres compétitions. Ces masques polychromes, associés à des costumes chatoyants d’une grande beauté, sont susceptibles aujourd’hui, à eux seuls, d’attirer de nombreux touristes au Bénin

CULTURE EN MILIEU NAGO-YORUBA: Oro-Ifè et Oro-Osan: Univers sacré, esthétique et philosophique desdeux grandes catégories de masques Guèlèdè de Pobè, Dr Cheto Mathieu Lanokou nous en parle

Illustrations

Oro-Ifè et Oro-Osan: Univers sacré, esthétique et philosophique des
deux grandes catégories de masques Guèlèdè de Pobè

En prélude à ce troisième numéro de cette série de publications sur la danse des Guèlèdè à Pobè, je
m’incline devant la mémoire du militaire et de toute personne tombés lors de la tentative de putsch déjouée le 7 décembre. J’adresse mes sincères condoléances aux familles éplorées, notamment à celle de Madame Berthe Bada, épouse du Général BADA, et réaffirme mon soutien à nos Forces Armées ainsi qu’au Président de la République, Monsieur Patrice A. G. TALON. Je salue le patriotisme du peuple béninois, exprimé dans ces moments d’épreuve. Mes sincères reconnaissances aux dirigeants de la CEDEAO et ceux de ses États membres.

Dans cet esprit de recueillement, mais aussi de résilience, je vous présente à présent cet article consacré aux grandes catégories des Guèlèdè de Pobè, expression vivante de notre héritage culturel.
Le guèlèdè, patrimoine immatériel majeur du monde nago-yoruba, occupe à Pobè une place singulière où se mêlent sacré, esthétique, philosophie et cohésion sociale. Héritage ancestral transmis avec rigueur et respect, il se décline en deux grandes catégories de masques aux fonctions complémentaires : Oro-Ifè, le masque nocturne, unique et sacré, porteur de la parole morale et satirique du royaume; et Oro-Osan, les masques diurnes, multiples et majestueux, dont le silence ritualisé donne sens aux danses codifiées et à la beauté symbolique de leurs apparitions.

1. Oro-Ifè, le Guèlèdè de nuit: Voix sacrée, satirique et gardienne de la vérité.

Le guèlèdè de nuit occupe une place singulière dans l’univers socioculturel nago-yoruba de Pobè. Il est la « presse orale » du royaume. C’est un seul griot: un masque sacré, Baba-Apasa, aussi dénommé Oro-Ifé, « le chroniqueur d’Ilé-Ifé ». À l’inverse des masques de jour, qui sont nombreux, le guèlèdè de nuit est un seul masque. Il ne se manifeste que la nuit. On parle d’Ijo-orou, « la danse de nuit » en dialecte nago pour désigner la danse, ou encore Oro-Oru, « le chroniqueur de nuit ». Sa sortie est précédée des rituels de Iya-nla encore appelés Orisa-nla, Jogou-èyè ou Jogou-apaké, suivi de Igbénan (les flambeaux), tous deux jadis précédés du rituel Agbagba, aujourd’hui disparu. Le guèlèdè de nuit harangue la foule et la tient en haleine toute une nuit, par l’entremise de messages moraux, de railleries, de satires, et aussi d’une philosophie sociale qu’expriment ses chansons. Elles égaient la société. Ce masque est le favori des personnes âgées et sages, qui font de ses chansons leur
littérature de prédilection.

Les masques de Guèlèdè portés la nuit sont conçus pour offrir au danseur une pleine liberté d’expression, lui permettant non seulement de transmettre ouvertement les messages portés par les ancêtres, mais aussi d’incarner leur parole avec justesse, force et authenticité. Dans l’obscurité rituelle, le masque devient alors un canal privilégié entre le monde visible et l’univers des esprits. C’est d’ailleurs pour préserver cette parole libre que ces masques ne couvrent pas le visage du porteur. Ces masques de Guèlèdè portés la nuit se distinguent également par leurs longues oreilles, symbole de leur capacité à tout entendre, jusqu’aux murmures imperceptibles du silence nocturne. Oro-Ifè revêt un Agbada, le grand boubou emblématique des Nago-Yoruba, associé à un Kèmbè, un large pantalon traditionnel. Cet ensemble vestimentaire n’est pas un simple costume : il matérialise la
figure du vieil homme sage, détenteur du savoir ancien et porteur des messages transmis par les ancêtres. Par cette parure, Oro-Ifè affirme son statut d’autorité morale et spirituelle, chargé de rappeler à la communauté la mémoire, les enseignements et les valeurs fondatrices héritées des générations passées.

2. Oro-osan: La majesté des masques diurnes dans la tradition des nago

Parmi les us et coutumes les plus marquants de la Commune de Pobè, les masques de jour, Oro-osan, appelés aussi chroniqueurs diurnes, s’imposent parmi les plus prestigieux. Ces masques imposent à leurs porteurs une attitude singulière : le silence. En effet, les rites interdisent toute expression orale sous peine d’une lourde sanction. Les porteurs ne communiquent qu’à travers des gestes codifiés, intelligibles uniquement pour les initiés et les Iyalatchès.


Contrairement au Guèlèdè de nuit, ces masques sont directement portés sur le visage et ne laissent voir qu’à travers deux petites ouvertures. Leur mobilité étant ainsi réduite, ils sont toujours guidés par un acolyte (Akèro) qui les accompagne dans leurs déplacements et assure leur sécurité, notamment lors des danses. Le spectacle offert par les Oro-osan est d’une grande beauté: une chorégraphie colorée, faite d’élans et de gestes harmonieux qui unissent le corps et l’esprit. Ce rituel, empreint de mystère et de symbolisme, captive l’attention du spectateur et suscite émerveillement et joie. Ils sont composés de masques masculins et féminins.

2.1. Masques féminins, guèlèdè en majesté: Esthétique et rites collectifs

Les masques féminins sont de deux sortes : les Iya-Oro et les Abo-Oro.

Tels qu’illustrer par les photos de la planche 2, Iya-Oro tient en mains deux (2) Èjò, un instrument emblématique des pratiques chorégraphiques nago-yoruba, fabriqué à partir de la queue du cheval et utilisé dans diverses danses traditionnelles. Quant aux Abo-oro, elles portent souvent des éventails, accessoires à la fois esthétiques et rituels, considérés comme des symboles de pouvoir et de dignité qui magnifient la noblesse de leurs mouvements.
À l’exception d’Iya-oro, c’est-à-dire la mère des masques, qui danse seule, les masques femelles, appelés Abo-oro, se produisent toujours par équipes de seize. Ce nombre est en harmonie avec les 16 premiers versets purs de IFA (les 16 odou). Il en résulte qu’ils dansent en paires de quatre, de huit ou seize. Ces masques sont caractérisés par la proéminence de leurs seins, et par leurs majestueuses fesses, on ne peut plus impressionnantes, qui se posent comme une marque de beauté princière. Leur danse est une série d’enchaînements acrobatiques très appréciés du public. C’est toujours par compétition entre deux groupes adversaires qu’ils présentent leurs danses sacrées. Ce sont des sortes de bals masqués. De leurs compétitions sort toujours une équipe victorieuse, identifiée en pleine exhibition par les ovations de la afoule. Les masques symbolisant des hommes présentent des coiffures diverses, certains sont des hommes chauves ; ceux des femmes sont tressés ou nattés de façon variée. Certains masques portent sur leur tête des plateaux contenant divers objets, ou des cages sculptées garnies d’oiseaux de toutes espèces, peints dans des couleurs qui permettent de les identifier. En effet, les sculpteurs ne manquent pas de talent pour façonner et décorer plusieurs masques.


Par contre, les masques des guèlèdè diurnes imposent à leurs porteurs une attitude singulière : le silence.

En effet, les rites interdisent toute expression orale sous peine d’une lourde sanction. Les porteurs de
masques de guèlèdè diurnes ne communiquent qu’à travers des gestes codifiés, intelligibles uniquement. Sur la poitrine des guèlèdè femelles sont noués dix (10) pagnes, chacun d’une superficie de deux (2) mètres carrés. Ces pagnes sont traditionnellement collectés auprès des femmes épouses issues de la famille. Toutefois, les pagnes appartenant à celles dont le comportement est jugé non conforme aux valeurs familiales sont systématiquement écartés.

2.2. Masques masculins (Ako-oro)

Une équipe de masques masculins est composée de deux danseurs, qui dansent ensemble. Leurs danses consistent à exécuter un enchaînement sportif suivi de tourbillons, les deux bras en l’air et un ou deux pieds au sol.

Ako Oro incarne la jeunesse fougueuse, pleine d’énergie et de vivacité, mobilisée pour divertir et égayer le public en hommage aux femmes. Son port du pantalon, attribut distinctif du masculin dans la culture nago-yoruba, souligne son identité et son rôle au sein de la performance. Masculins ou féminins, la danse des masques diurnes fait l’objet d’âpres compétitions. Ces masques polychromes, associés à des costumes chatoyants d’une grande beauté, sont susceptibles aujourd’hui, à eux seuls, d’attirer de nombreux touristes au Bénin..

Déclaration de Candidature: Madame BONOU A. Hélène s’adresse aux militants

BONOU A Hélène Candidate pour les communales

Population du Département de l’Oueme, de la commune de Sème Podji et plus précisément de l’arrondissement de TOHOUÈ,

Chers frères et sœurs,

Déclaration de candidature aux élections communales de 2026 au Bénin

Chers militants et militantes du grand Parti UP le Renouveau,

Je suis BONOU Akpomè Hélène, opératrice économique. En rendant grâce à Dieu Tout-Puissant qui éclaire nos pas et guide nos décisions, je viens devant vous, avec humilité et détermination, vous annoncer officiellement ma candidature aux élections communales du 11 janvier 2026, sur la liste de l’Union Progressiste le Renouveau, le parti de tous.

Cette candidature est l’expression sincère de l’espérance de nombreux citoyens de notre circonscription, aussi bien dans nos villages qu’au cœur de nos villes. Elle est portée par vos attentes, vos besoins et votre désir d’un développement plus visible, plus concret et plus proche des réalités quotidiennes.

Je voudrais ici adresser mes vifs remerciements aux responsables de notre parti UP-R à tous les niveaux, pour la confiance placée en ma personne et pour leur engagement constant en faveur de l’unité, de la discipline et du progrès pour notre pays. Leur travail inspire chacun de nous à donner le meilleur pour faire de l’UP-R un parti toujours plus fort, toujours plus enraciné dans l’Ouémé et particulièrement dans notre circonscription électorale.

Chères populations de TOHOUÈ,
Je sollicite à nouveau votre soutien franc, massif et déterminé. Le challenge que nous devons relever ensemble est immense, mais il est aussi porteur d’espoir. Votre vote, le 11 janvier 2026, sera un acte décisif pour la continuité des œuvres sociales, l’amélioration des conditions de vie et le bonheur de nos communautés à la base.

Je sais pouvoir compter sur votre mobilisation, votre sens du devoir et votre attachement au développement de notre circonscription.

Ensemble, nous sommes plus forts.
Ensemble, dans l’unité d’action, nous irons plus loin.
Ensemble, nous ferons triompher l’UP-R dans la commune de Sèmè-Podji et plus précisément dans l’arrondissement de TOHOUÈ.

Que Dieu bénisse notre engagement commun.
Que Dieu bénisse l’Oueme

Que Dieu bénisse le Bénin.

BONOU Akpomè Hélène Candidate aux élections communales, 4ème Titulaire

SYMBOLE DU LIEU DE LA DANSE DE GUELEDE A POBE : ABE-ABA

ABA

SYMBOLE DU LIEU DE LA DANSE DE GUELEDE A POBE : ABE-ABA

Avant de présenter les différentes catégories de guèlèdè à Pobè, il importe de nous élever vers le sens profond du lieu qui en constitue le cadre le plus important pour leurs manifestations : Abè- aba, espace central des danses, des rites et des rassemblements, véritable cœur spirituel et culturel où s’anime la tradition guèlèdè.
Doudou-Ala à Asingbo Elè I : naissance du lieu sacré de la danse de guèlèdè, Abè- aba.


Qu’il nous souvienne que nous avons précisé dans la parution du mercredi passé que c’est le Roi Doudou-Ala qui fonda le Pobè actuel. Ses restes reposent en face du palais, à l’entrée de la forêt sacrée Opo, sous un apatam de fortune, communément appelé Ilé- égu, la case des ancêtres. Les nuits de guèlèdè, cet apatam sert d’abri aux notables et dignitaires. Mais après, en 1720, le royaume a été attaqué et disloqué par le Roi Agadja. C’est dans les années 1852 que le Roi Asingbo Elè (1848- 1898) conduisit sa troupe jusqu’au lieu d’où ses aïeux avaient été chassés. L’un des notables, le nommé Fadoukpè, avait la responsabilité de faire les rituels de réinstallation. Entouré des notables et dignitaires, il s’acquitta des rituels et autres libations prescrites par le IFA, dans le cadre de la refondation du royaume. Sur cette place, il fit creuser un grand trou. Il y déposa un placenta humain, additionné d’herbes et d’autres ingrédients alchimistes d’invincibilité, de longévité, de prodigalité et de prospérité, que seuls les mages connaissent. Il retira des mains de son arrière- petite- fille Ayédédjou, la bouture d’un ficus (en nago aba). C’est ce ficus séculaire qui se trouve toujours devant le palais.
Autour de cet arbre s’organisent les danses de guèlèdè, et d’autres manifestations culturelles traditionnelles. Autour de l’arbre planté, Fadoukpè rassembla, au nom du Roi, les notables et la population, et leur fit la déclaration solennelle qui suit :
« Dignes fils de Oranyan, dignes fils de Oyo et d’Ifé, mes chers Osolo, à l’instar de notre aïeux Oranyan, nous sommes restés dignes, vaillants et intrépides. Nous voici enfin de retour à la terre prodige, rêvée par nos ancêtres, sur le site prédestiné par eux pour bâtir notre royaume. La terre est disponible, pour refonder notre royaume sur ce site. Ce ficus, qu’ensemble nous venons de planter, est l’arbre de Vie et de Renaissance de notre belle cité, dont il nous échoit désormais à tous l’honneur de veiller au plein épanouissement. Cet arbre nous servira de repère, en tout temps et en tout lieu, pour les cultes, les rituels et les danses de Guèlèdè, les réjouissances et les grands rassemblements en l’honneur et en mémoire de la divinité fondatrice de notre royaume. Ce grand jour voit se concrétiser pour toujours la refondation et l’épanouissement du beau royaume prédestiné ; vision prémonitoire de nos aïeux Oranyan et Tètou, qui devient définitivement une réalité tangible sous nos yeux. Avec leur bénédiction, nos intrépides guerriers jagun- jagun viennent d’infliger une défaite cuisante à la troupe des agresseurs d’Abomey. Notre joie est infinie, car notre cause est juste. C’est au prix de mille sacrifices, et avec une légitime fierté, que nous avons
reconquis le territoire de nos ancêtres. Qu’ils en soient loués ».
Cette place assure vraiment ce rôle pour lequel elle a été créée par nos ancêtres. C’est le lieu des grandes manifestations. La danse des guèlèdè s’y déroule. C’est d’ailleurs le seul et unique endroit où le guèlèdè de nuit peut prester. Pour la manifestation des guèlèdè du jour, elle s’y déroule également sauf s’il s’agit d’une invitation particulière pour un événement non lié ni à la cour royale ni au culte Ohundo, c’est- à- dire Orisa Oranyan.


Abè- aba : les enseignements d’un lieu sacré pour les générations présentes et futures.

Abè-aba, (sous aba) n’est pas seulement un espace physique: il constitue un véritable sanctuaire où se perpétue la mémoire des aïeux, de leurs luttes, de leurs sacrifices et de leurs victoires. Il rappelle qu’aucune communauté ne peut s’épanouir si elle ne respecte pas, ne valorise pas et ne transmet pas l’héritage laissé par ses ancêtres. Ce lieu symbolise également la manière dont, après la dispersion et les attaques, Pobè n’a pu renaître que grâce à la cohésion de ses fils et filles autour d’un repère commun : l’arbre de vie, aba. Il montre qu’une société peut surmonter les épreuves lorsqu’elle demeure soudée autour des valeurs partagées et d’un destin collectif. La cérémonie de refondation, les libations, le choix de l’arbre sacré et les paroles de Fadoukpè rappellent quant à eux l’importance capitale des rites et des symboles. Ceux- ci ne sont pas de simples formalités, mais des piliers qui structurent la vie sociale, renforcent l’identité et donnent sens à la communauté. L’histoire du lieu enseigne aussi que, malgré la conquête, l’exil et les agressions, les
descendants de Oranyan ont su revenir, se relever, reconstruire et réaffirmer leur identité. La résilience d’un peuple se mesure à cette capacité à protéger ce qui constitue son essence.

Enfin, Abè-aba n’est pas juste « sous un arbre » : il demeure un repère spirituel, culturel, social et historique, un espace sacré qui doit être préservé car il représente le cœur vivant de la communauté et le lien direct avec les forces qui la protègent.

En définitive, la grande leçon à tirer est que l’identité d’un peuple se bâtit sur la mémoire, l’unité, la résilience, le respect du sacré et la transmission des valeurs ancestrales. Abè-aba en est le symbole par excellence : un symbole de renaissance, de continuité et de force spirituelle pour Pobè. Ce sont ces valeurs que la danse de guèlèdè permet de transmettre de génération en génération.

Appel

Abè-aba, révèle l’importance d’un lieu où s’entremêlent mémoire ancestrale, rites fondateurs, identité collective et transmission intergénérationnelle de la tradition guèlèdè. Cette mise en lumière rejoint pleinement les actions du Gouvernement béninois, qui œuvre depuis plusieurs années à la sauvegarde, à la restauration et à la valorisation du patrimoine matériel et immatériel. En mettant en avant des espaces sacrés, des pratiques culturelles et des expressions identitaires fortes comme le guèlèdè. Cette présentation s’inscrit dans la dynamique nationale de reconnaissance, de protection et de promotion des traditions vivantes, afin qu’elles demeurent des repères structurants pour les générations actuelles et futures.


Dr Lanokou Chèto Mathieu// Détermination Infos

Élections Législatives du 11 Janvier 2026: Saad Adéwalé ADÉBO conduit la liste LD dans la 22 ème Circonscription

Prince Saad Adéwalé ADÉBO

Après la publication des partis politiques retenus pour prendre part aux élections législatives du 11 Janvier 2026 au Bénin, il faut retenir qu’ils sont cinq à satisfaire aux exigences de la CENA. UP-R, BR, Moele-Bénin, FCBE et LD, voilà ceux qui seront en compétition. Le parti qui a plus retenu l’attention des populations est celui des « LD » car certains pensaient qu’il allait subir le même sort que celui de la présidentielle et des communales. Mais la CENA a une fois encore prouvé qu’elle est consciente de la mission qui est la sienne. Donc c’est officiel, cLe parti LD de l’ancien président de la république du Bénin son Excellence Thomas Boni Yayi prendra part à l’élection législative du 11 Janvier 2026 au Bénin. Pour le compte de la 22 ème Circonscription Électorale, ce fut la grande joie pour les populations des communes de Pobè et Kétou. Cette liste sera conduite par le Prince Saad Adéwalé ADÉBO. Un positionnement qui vient conforter les ambitions de cette tête de liste qui n’est plus à présenter. La bataille s’annonce donc très rude dans la 22 ème Circonscription au regard des challengers. Mais pour les populations, c’est un choix stratégique qui annonce la Razzia au profit de l’opposition à pobè et à Kétou car le parti a misé sur la jeunesse et des valeurs sûres.

*_ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DU 11 JANVIER 2026_*

*Liste du parti Les Démocrates dans la 22 ème Circonscription Électorale*

1- Tête de liste : ADEBO Adéwalé Saad (Pobè)

Suppléant : ATIKOU Illalou (Kétou)

2- 2ème Titulaire : BOCO Jules (Kétou)

Suppléante : ADEGNIKA Kabirath (Pobè)

3- Poste femme : AKPAKI Julia (Kétou)

Suppléante : AGUEMON Catherine (Pobè)

IMMERSION AU CŒUR DE LA CULTURE BÉNINOISE: Dr Chèto Mathieu Lanokou nous emmène

HISTORIQUE DE LA DANSE DES GUELEDE DANS LE ROYAUME DE POBE

Les dynasties royales de Pobè

Pobè fut un royaume ayant une organisation politique sur un espace qui partit de Fouditi (limite en nago) au sud (avec le royaume de Sakété) jusqu’au royaume des Ije (Ohori- Ije) au nord; le royaume était limité à l’ouest par les villages de Toffo et d’Ilodo, et à l’est par ce qui devint le Nigeria. Le royaume a à sa tête un roi qui dirige avec un collège des ministres ayant chacun son rôle et sa mission. Ainsi, le dispositif politique mis en place par nos aïeux veut que quatre (4) dynasties se succèdent à tour de rôle au trône, au décès du roi.

Les différents clans de ces dynasties siègent parmi les dignitaires des principautés et chefferies traditionnelles qui gèrent la Cour royale. La belle preuve de l’enracinement géopolitique des dynasties des Rois de Pobè est donnée par leurs régences, qui suivent :

  • La dynastie d’Arifassa- Djou- Ôgou, à laquelle appartenait le roi Assingbo.
  • La dynastie d’Inan- Kankan à laquelle appartenait le roi Akangbé.
  • La dynasti d’Agounlè- Djoyé à laquelle appartenait le roi Otèni.
  • La dynastie d’Akounlala- Fou- Ditchan (Akoun- lala- Foïtchan) à laquelle appartenait le roi
    Itchola.

Les règnes fondateurs

Avant l’instauration de ces dynasties rotatives, le royaume fut fondé par la Reine ELE (1486‑ 1516). Trois autres Reines lui succédèrent:
Ignatchoukpa‑ Rogo (1516‑ 1551),

Ignakèlè‑ Fourogan (1551‑ 1583) et Oliyètou‑Agbo (1583‑ 1606).

Après elles, les Rois: Odjikpèlèro (1606‑ 1633) et Doudou‑ Ala (1633‑ 1658) ont poursuivi la consolidation du royaume.

Il faut souligner que Doudou‑Ala fut notamment celui qui implanta définitivement sa tribu sur le site
actuel de Pobè (Epo‑ Ibèni ou Pobè‑ Ossolo).

Réformes du Roi

Arifassa‑Djoogou (1658‑ 1688).

À la disparition de Doudou-Ala, Arifassa-Djoogou accéda au trône avec pour vision d’utiliser le IFA pour réorganiser le royaume. Réformateur, il a promulgué une loi qui rend caduc l’accès des femmes au trône. En compensation, il institua la société secrète de guèlèdè, placée sous l’égide de nos mamans (Iyawan) pour réjouir les femmes, les associer et les impliquer dans la gestion de la cité. Il a réhabilité et institué cette danse de ces ancêtres, et légiféré pour
l’organisation chaque année d’une fête de la production de l’igname, animée par la manifestation de danse de guèlèdè.

Soulignons qu’elle se danse la nuit comme de jour. Le guèlèdè de nuit est appelé Oro- Ifè (la voix de Ilé- Ifè,
c’est- à- dire le message qui nous vient de Ilé- Ifè). Les guèlèdè de jour sont appelé Oro- osan
(chroniqueur de jour).

Le Bénin s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique de promotion accrue du leadership féminin,
dans la continuité des réformes historiques portées par le Roi Arifassa-Djoogou, qui institua la
danse de Guèlèdè pour honorer les femmes, reconnaître leur pouvoir social et les associer à la
gestion harmonieuse de la cité. La réforme constitutionnelle de 2019 (loi N° 2019- 40) prolonge
cet héritage en réaffirmant l’égalité homme-femme et en autorisant des mesures de discrimination positive pour renforcer la représentation des femmes dans les instances
décisionnelles (Article 26 al. 2). Ainsi, l’État béninois modernise et réaffirme une tradition séculaire qui place les femmes au centre de l’équilibre social et du développement collectif.

Dr Chèto Mathieu Lanokou

IMMERSION DANS LA CULTURE BÉNINOISE: Dr Chèto Mathieu Lanokou nous en parle

HISTORIQUE DE LA DANSE DES GUELEDE DANS LE ROYAUME DE POBE

Les dynasties royales de Pobè

Pobè fut un royaume ayant une organisation politique sur un espace qui partit de Fouditi (limite en nago) au sud (avec le royaume de Sakété) jusqu’au royaume des Ije (Ohori- Ije) au
nord; le royaume était limité à l’ouest par les villages de Toffo et d’Ilodo, et à l’est par ce qui
devint le Nigeria. Le royaume a à sa tête un roi qui dirige avec un collège des ministres ayant
chacun son rôle et sa mission. Ainsi, le dispositif politique mis en place par nos aïeux veut que
quatre (4) dynasties se succèdent à tour de rôle au trône, au décès du roi.

Les différents clans de ces dynasties siègent parmi les dignitaires des principautés et chefferies
traditionnelles qui gèrent la Cour royale. La belle preuve de l’enracinement géopolitique des
dynasties des Rois de Pobè est donnée par leurs régences, qui suivent :

  • La dynastie d’Arifassa- Djou- Ôgou, à laquelle appartenait le roi Assingbo.
  • La dynastie d’Inan- Kankan à laquelle appartenait le roi Akangbé.
  • La dynasti d’Agounlè- Djoyé à laquelle appartenait le roi Otèni.
  • La dynastie d’Akounlala- Fou- Ditchan (Akoun- lala- Foïtchan) à laquelle appartenait le roi
    Itchola.

Les règnes fondateurs

Avant l’instauration de ces dynasties rotatives, le royaume fut fondé par la Reine ELE
(1486‑ 1516). Trois autres Reines lui succédèrent :
Ignatchoukpa‑ Rogo (1516‑ 1551),

Ignakèlè‑ Fourogan (1551‑ 1583) et

Oliyètou‑Agbo (1583‑ 1606).

Après elles, les Rois
Odjikpèlèro (1606‑ 1633) et Doudou‑ Ala (1633‑ 1658) ont poursuivi la consolidation du
royaume.

Il faut souligner que Doudou‑Ala fut notamment celui qui implanta définitivement sa tribu sur le site
actuel de Pobè (Epo‑ Ibèni ou Pobè‑ Ossolo).

Réformes du Roi

Arifassa‑Djoogou (1658‑ 1688).

À la disparition de Doudou-Ala, Arifassa-Djoogou accéda au trône avec pour vision d’utiliser le IFA pour réorganiser le royaume. Réformateur, il a promulgué une loi qui rend caduc l’accès des femmes au trône. En compensation, il institua la société secrète de guèlèdè, placée sous
l’égide de nos mamans (Iyawan) pour réjouir les femmes, les associer et les impliquer dans la gestion de la cité. Il a réhabilité et institué cette danse de ces ancêtres, et légiféré pour
l’organisation chaque année d’une fête de la production de l’igname, animée par la
manifestation de danse de guèlèdè.

Soulignons qu’elle se danse la nuit comme de jour. Le guèlèdè de nuit est appelé Oro- Ifè (la voix de Ilé- Ifè,
c’est- à- dire le message qui nous vient de Ilé- Ifè). Les guèlèdè de jour sont appelé Oro- osan
(chroniqueur de jour).

Le Bénin s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique de promotion accrue du leadership féminin,
dans la continuité des réformes historiques portées par le Roi Arifassa-Djoogou, qui institua la
danse de Guèlèdè pour honorer les femmes, reconnaître leur pouvoir social et les associer à la
gestion harmonieuse de la cité. La réforme constitutionnelle de 2019 (loi N° 2019- 40) prolonge
cet héritage en réaffirmant l’égalité homme-femme et en autorisant des mesures de
discrimination positive pour renforcer la représentation des femmes dans les instances
décisionnelles (Article 26 al. 2). Ainsi, l’État béninois modernise et réaffirme une tradition séculaire qui place les femmes au centre de l’équilibre social et du développement collectif.

IMMERSION DANS LA CULTURE BÉNINOISE: Dr Chèto Mathieu Lanokou nous en parle

HISTORIQUE DE LA DANSE DES GUELEDE DANS LE ROYAUME DE POBE

Les dynasties royales de Pobè

Pobè fut un royaume ayant une organisation politique sur un espace qui partit de Fouditi (limite en nago) au sud (avec le royaume de Sakété) jusqu’au royaume des Ije (Ohori- Ije) au
nord; le royaume était limité à l’ouest par les villages de Toffo et d’Ilodo, et à l’est par ce qui
devint le Nigeria. Le royaume a à sa tête un roi qui dirige avec un collège des ministres ayant
chacun son rôle et sa mission. Ainsi, le dispositif politique mis en place par nos aïeux veut que
quatre (4) dynasties se succèdent à tour de rôle au trône, au décès du roi.

Les différents clans de ces dynasties siègent parmi les dignitaires des principautés et chefferies
traditionnelles qui gèrent la Cour royale. La belle preuve de l’enracinement géopolitique des
dynasties des Rois de Pobè est donnée par leurs régences, qui suivent :

  • La dynastie d’Arifassa- Djou- Ôgou, à laquelle appartenait le roi Assingbo.
  • La dynastie d’Inan- Kankan à laquelle appartenait le roi Akangbé.
  • La dynasti d’Agounlè- Djoyé à laquelle appartenait le roi Otèni.
  • La dynastie d’Akounlala- Fou- Ditchan (Akoun- lala- Foïtchan) à laquelle appartenait le roi
    Itchola.

Les règnes fondateurs

Avant l’instauration de ces dynasties rotatives, le royaume fut fondé par la Reine ELE
(1486‑ 1516). Trois autres Reines lui succédèrent :
Ignatchoukpa‑ Rogo (1516‑ 1551),

Ignakèlè‑ Fourogan (1551‑ 1583) et

Oliyètou‑Agbo (1583‑ 1606).

Après elles, les Rois
Odjikpèlèro (1606‑ 1633) et Doudou‑ Ala (1633‑ 1658) ont poursuivi la consolidation du
royaume.

Il faut souligner que Doudou‑Ala fut notamment celui qui implanta définitivement sa tribu sur le site
actuel de Pobè (Epo‑ Ibèni ou Pobè‑ Ossolo).

Réformes du Roi

Arifassa‑Djoogou (1658‑ 1688).

À la disparition de Doudou-Ala, Arifassa-Djoogou accéda au trône avec pour vision d’utiliser le IFA pour réorganiser le royaume. Réformateur, il a promulgué une loi qui rend caduc l’accès des femmes au trône. En compensation, il institua la société secrète de guèlèdè, placée sous
l’égide de nos mamans (Iyawan) pour réjouir les femmes, les associer et les impliquer dans la gestion de la cité. Il a réhabilité et institué cette danse de ces ancêtres, et légiféré pour
l’organisation chaque année d’une fête de la production de l’igname, animée par la
manifestation de danse de guèlèdè.

Soulignons qu’elle se danse la nuit comme de jour. Le guèlèdè de nuit est appelé Oro- Ifè (la voix de Ilé- Ifè,
c’est- à- dire le message qui nous vient de Ilé- Ifè). Les guèlèdè de jour sont appelé Oro- osan
(chroniqueur de jour).

Le Bénin s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique de promotion accrue du leadership féminin,
dans la continuité des réformes historiques portées par le Roi Arifassa-Djoogou, qui institua la
danse de Guèlèdè pour honorer les femmes, reconnaître leur pouvoir social et les associer à la
gestion harmonieuse de la cité. La réforme constitutionnelle de 2019 (loi N° 2019- 40) prolonge
cet héritage en réaffirmant l’égalité homme-femme et en autorisant des mesures de
discrimination positive pour renforcer la représentation des femmes dans les instances
décisionnelles (Article 26 al. 2). Ainsi, l’État béninois modernise et réaffirme une tradition séculaire qui place les femmes au centre de l’équilibre social et du développement collectif.

Tron Kpeto Déka au Bénin: Célébration de fin du jeûne

Vues partielles de l’événement

« Célébration de la fin du jeûne de Tron Kpeto Déka : Hounnongan Hossou Tovilèdo Kintokonou finagnon Hinson Affissou Fondateur de Bissiquée lumière de Dieu et ses adeptes se réjouissent

Les adeptes de la divinité Tron Kpeto Déka se réjouissent de la fin de leur période de jeûne, qui a débuté le 6 octobre au soir. La cérémonie marquant la fin du jeûne qui s’inscrit dans l’ordre de dieu, est rendue possible grâce à la protection et à la bienveillance des divinités africaines.

Cela fait plus de 20 ans que les adeptes célèbrent de la division Tron Kpeto Déka observent cette pratique spirituelle. Elle contribue à la paix dans le monde entier, en particulier au Bénin croit Hounnongan Hossou Tovilèdo kintokonou finagnon Hinson Affissou Fondateur de Bissiquée lumière de Dieu dont le couvent est basé à Couvè dans la commune de Akpro-Missérété.

Cérémonie marquant la fin du jeûne, la célébration est l’occasion de prier pour le repos des âmes défuntes et de sacrifier des moutons en signe de gratitude aux dieux. Au coeur des cérémonies, la valorisation des traditions endogènes. << Nos pratiques culturelle et spirituelle sont désormais centrées sur nos racines africaines. Après avoir honoré des pratiques venues d’ailleurs, nous avons compris que nos divinités sont notre force et notre fierté>> a déclaré un adepte.

Convaincu que ses adeptes ont compris le sens de la célébration, Hounnongan Hossou Tovilèdo kintokonou finagnon Hinson Affissou invite tous les béninois, sans distinction, à s’intéresser à la chose en accordant une importance particulière aux religions endogènes. Il va ensuite remercier le gouvernement du Président Patrice Talon pour son soutien aux pratiques endogènes et formuler des vœux pour que les dieux l’aident à atteindre ses objectifs pour le développement du Bénin..