
Réunion délocalisée du Parlement de la CEDEAO sur l’énergie électrique à Freetown en Sierra-Léone : les travaux se sont poursuivis ce mardi 21 Mars 2023 avec des exposés pour une meilleure appréhension du thème.
Des communications présentées par d’éminents experts ont émaillé cette deuxième journée de la réunion délocalisée du Parlement de la CEDEAO sur l’énergie à Freetown sous la conduite de la Commission mixte constituée à cet effet.
Expert-juriste de l’Autorité de Régulation Régionale du Secteur de l’Electricité de la CEDEAO ( ARREC ), Oumar Bangoura s’est penché sur le thème : << Dispositions destinées à instaurer un environnement institutionnel et juridique approprié au développement du secteur de l’électricité ouest-africain >>.
Dans son développement, Oumar Bangoura s’est appuyé sur quatre approches :
— le contexte et le concept du marché régional de l’électricité en se basant sur la description de l’environnement, la justification du marché commun et le concept;
–la vision et la stratégie de la CEDEAO ;
–les dispositions institutionnelles;
— et les dispositions législatives et réglementaires ( instruments juridiques de mise en oeuvre ).
Tout part selon les explications du conférencier de la décision des chefs d’Etat de la CEDEAO en 1999 de créer le marché régional de l’énergie électrique en vue d’assurer à moyen ou à long terme la fourniture régionale et de façon fiable en énergie électrique à moindre coût pour les populations des pays membres de la CEDEAO.
Pour y parvenir, un travail sérieux doit être fait en amont : créer un environnement institutionnel juridique approprié au développement du secteur de l’électricité en Afrique de l’Ouest. Il faut donc que les économies se développent afin de se mettre au niveau des investissements dans les projets relatifs à l’énergie électrique. Pour le conférencier, il s’agit de réaliser la connection entre l’offre et la demande pour réduire les déséquilibres dans la fourniture de l’énergie électrique, bref, pour limiter les délestages.
Les énergies Renouvelables sont une source d’énergie plus accessible et moins coûteuse, mais nécessitant au départ d’importants investissements. L’expert Mahmoud Ibrahima Ndaw du Centre pour les énergies Renouvelables et l’Efficacité Énergétique de la CEDEAO ( CEREEC ) s’est apesanti sur le développement et l’intégration des énergies Renouvelables au sein du marché régional de l’électricité. Pour ce faire, un cadre politique règlementaire et institutionnel cohérent et efficace doit être instauré et les sources de financement des investissements doivent être disponibles et accessibles, ainsi qu’un mécanisme approprié de soutien au secteur privé.
En s’épanchant sur le thème : << L’intégration du marché régional de l’énergie : un catalyseur pour une croissance durable >>, l’expert Paul Charles SAFFA a d’entrée affirmé la corrélation étroite existant entre la croissance économique et la demande d’énergie. Lorsque les économies se développent, la demande d’énergie augmente, si l’énergie est limitée, la croissance du PIB est freinée. Le lien étroit entre la croissance économique et la demande d’énergie a été si fort ces deux derniers siècles que les quantités d’énergie dont les économies ont besoin ont augmenté pratiquement au même rythme créé par les économies.
Si l’énergie est un moteur de croissance industrielle et économique, il est donc évident que les pays ne pourront sortir de la pauvreté et être considérés comme des nations industrialisées que s’ils peuvent maîtriser et utiliser l’énergie pour accroître la production et créer de la valeur ajoutée. Pour y parvenir, il est nécessaire de :
–favoriser la flexibilité fondée sur le marché, soutenir, concevoir et mettre en oeuvre des mesures visant à créer des marchés modernes de l’électricité qui permettent de déterminer les prix, d’améliorer l’efficacité opérationnelle des systèmes électriques, d’attirer les investissements et d’accroître les échanges d’électricité au sein des marchés nationaux et régionaux grâce à des marchés de l’électricité qui fonctionnent bien et qui sont en mesure de fournir des indicateurs efficaces en matière de prix ;
–faciliter et soutenir la réalisation de l’objectif de développement durable;
–connecter les marchés individuels et augmenter le nombre de pays et de régions interconnectés.
Un autre exposé réalisé par m. Dénis ASARE, consultant au Centre d’études sur l’énergie et les ressources naturelles à Accra a porté sur le thème : << promotion des investissements et protection des des acteurs sur le marché régional de l’électricité de la CEDEAO>>. Pour le conférencier, si le marché régional de l’électricité n’a pas fonctionné efficacement, c’est parce que :
–les compagnies d’énergie électrique ne sont pas financièrement viables;
–la faiblesse des infrastructures de transport et de distribution;
—le manque de planification globale de la production d’énergie, de l’approvisionnement et de la passation de contrats;
–des investissements et des financements inadéquats;
— des inefficacités techniques et commerciales notables;
–non application des mesures.
Aujourd’hui poursuit l’expert, l’accès à l’électricité en Afrique de l’Ouest est l’un des plus faibles au monde, bien qu’il ait doublé au cours des deux dernières décennies. 163 millions de personnes vivent dans la sous-région sans accès à l’électricité. L’accès à l’électricité est essentiellement concentré dans les centres urbains. Seuls le Ghana, le Cap-Vert et la Côte-d’Ivoire ( membres de la CEDEAO ) enregistrent un taux d’accès rural supérieur à 50% .
Les travaux de cette réunion délocalisée se poursuivront demain pour s’achever le 25 Mars prochain.
Une correspondance de Élie Adeleye