Deuxième jour du Séminaire de la CEDEAO sur la monnaie communautaire

Deuxième journée du séminaire organisé par le Parlement de la CEDEAO sur la monnaie unique communautaire. Les exposés se sont poursuivis à BISSAU.

Quatre exposés ont marqué la 2e journée ce 25 Janvier 2023. Le premier, portant sur le thème :  » Système Régional de Paiement et de Règlement : le chaînon manquant vers la monnaie unique de la CEDEAO  » a été développé par docteur Alfred Braimah, premier auditeur général des Institutions de la CEDEAO.
Pour docteur Braimah, quatre étapes sont nécessaires pour réaliser l’intégration économique :
–Une zone de libre-échange : lorsque tous les obstacles au commerce entre les pays membres sont supprimés ; mais chaque pays membre maintient ses propres barrières commerciales vis à vis des pays tiers.
–Union douanière : constitue une étape supplémentaire dans le processus d’intégration économique dans lequel les États membres établissent une politique commerciale commune, telle que des tarifs extérieurs communs ( TEC ) envers les pays tiers ; de sorte que les importations en provenance des pays tiers sont soumises à la même structure tarifaire ;
–Le marché commun a toutes les caractéristiques d’une union douanière, mais en plus, les facteurs de production ( travail, capital et technologie ) sont mobiles entre les membres.
–Union économique et monétaire : c’est la dernière étape d’un processus d’intégration économique ; lorsqu’en plus d’un marché commun, cela nécessite également l’intégration des politiques économiques à la fois monétaires et budgétaires, y compris la monnaie commune, on pourrait y ajouter une 5e étape :
–l’union politique.

Le Système de Paiement et de Règlement Régional/Condition essentielle vers la monnaie unique de la CEDEAO.

La réalisation de l’intégration économique passe par la création d’une monnaie unique. Elle est tributaire aussi de la mise en place d’un Système de Paiement et de Règlement Communautaire ( S P R C ) dans le but de :

  • Faciliter la libéralisation des paiements des transactions intrarégionales et, comme mesure intérimaire, assurer la convertibilité limitée des monnaies ;
  • Promouvoir le rôle des banques commerciales dans le financement des échanges intracommunautaires ;
  • Renforcer le système multilatéral de compensation des paiements entre les États membres et assurer l’établissement d’un mécanisme de crédit et de garantie ; et
  • Prendre les mesures nécessaires pour promouvoir l’action de l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest ( A M A O ) en vue d’assurer la convertibilité des monnaies et de créer une zone monétaire unique.
    Comme tout observateur averti peut s’en rendre compte, réaliser une intégration économique sans une monnaie unique n’est pas viable et pour réussir la création d’une monnaie unique, une volonté politique commune s’impose. Docteur Alfred Braimah l’a souligné en mettant l’accent sur les insuffisances à corriger.
    Deuxième conférencier de cette journée du 25 Janvier 2023, docteur Alhassan Iddrisu, directeur en stratégie économique et recherche au ministère des finances du Ghana, s’est apesanti lui, sur le Programme de Coopération Monétaire de la CEDEAO ( P C M C ) adopté en 1987 par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO en vue d’accélérer la création d’une Union Économique et Monétaire, ainsi que la croissance économique et le développement dans les États membres.
    Le PCMC était une combinaison de programmes visant à harmoniser les systèmes monétaires des États membres et à créer un environnement macroéconomique stable pour la réalisation de l’Union Monétaire et l’introduction de la monnaie commune en 2000. Mais le rapport du PCMC de 1999 a révélé de modestes progrès dans le domaine de la convergence macroéconomique jugés insuffisants pour le lancement de l’Union Monétaire en 2000 à cause principalement des chocs exogènes et à l’instabilité politique dans de nombreuses parties de la région CEDEAO. Mais il est toujours vrai selon docteur Alhassan Iddrisu que sans les critères de convergence, il serait impossible de réaliser l’intégration économique et de créer une monnaie unique pour la CEDEAO. Il existe ainsi quatre critères primaires de convergence qui sont :
    –Une inflation à un chiffre ( moins de 10% et plus tard à 5% ,
    –Un déficit budgétaire ( dons compris ) ne dépassant pas 3% du PIB ,
    –Un financement par la banque centrale d’un déficit budgétaire ne dépassant pas 10% des recettes fiscales de l’année précédente et
    –Des réserves extérieures brut d’au moins trois mois de couverture des importations.
    A côté des quatre critères primaires de convergence, il y en a deux secondaires :
    –Un ratio dette/PIB ne dépassant pas 70% et
    –Un maintien de la stabilité du taux de change nominal de plus ou moins 10%.
    Troisième conférencier, le professeur Mohamed Ben Omar NDiaye de l’Université Cheikh Anta Diop, ancien directeur général de l’Agence Monétaire Ouest Africaine est venu conforter les exposés précédents relatifs au PCMC et à l’intégration économique et monétaire de la CEDEAO.
    Dernier conférencier de la journée, Momodou Bamba Saho, actuel directeur général de l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest ( A M A O ) a surtout mis l’accent sur le rôle important de son agence dans la convergence vers une monnaie unique. Ainsi, l’AMAO doit surveiller semestriellement les économies des États membres pour évaluer le respect des critères de convergence macroéconomique. Elle doit également promouvoir l’harmonisation des politiques, lois et règlements des États membres, mener les travaux techniques nécessaires à la création d’une zone monétaire unique au sein de la CEDEAO.
    Les parlementaires de l’Institution communautaire ont, à travers des questions pertinentes , contribuer à éclairer davantage les participants sur le contenu des exposés

C’était une correspondance de Justin Roger Migan.

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