GUINÉE-BISSAU: Les travaux de séminaire sur la monnaie unique au sein de la CEDEAO se poursuivent

Guinée-Bissau : les travaux du séminaire sur la monnaie unique au sein de la CEDEAO se poursuivent.

Après la cérémonie d’ouverture solennelle du séminaire sur la monnaie unique de la CEDEAO lundi 24 Janvier 2023 par le chef de l’Etat de la Guinée-Bissau également président en exercice de la Communauté des États de l’Afrique de l’ouest, les travaux se sont poursuivis avec des exposés présentés par d’éminents conférenciers.
 » Problématiques Conceptuelles dans l’intégration économique de la CEDEAO, c’est le premier thème de l’exposé présenté par m. Jonathan Arèmu, professeur de relations économiques internationales, consultant marché commun des investissements de la CEDEAO. Dans son exposé, le professeur Arèmu a mis à nu les incohérences qui plombent l’intégration économique de la CEDEAO. Le traité révisé de 1993 en son article 3 met en évidence, la création d’un marché commun comme l’un des principaux objectifs de l’intégration économique au sein de la CEDEAO.

La Zone de Libre Échange comme levier de l’intégration.

Mais avant, en 1979, une zone de libre échange ( Z L E ) régionale connue sous le nom de Schéma de Libéralisation des Échanges de la CEDEAO ( S L E C ) a été mise en place, couvrant au début les produits non transformés et les produits artisanaux, pour être élargie en 1990 aux produits industriels. Pourtant depuis longtemps, les acteurs économiques ne voient aucunement l’efficacité opérationnelle du SLEC, à cause de nombreux blocages :

  • retards inutiles créés par les Agences des États membres chargées de valider les processus au niveau national, entraînant le paiement des droits et prélèvements remboursables, rendant hors de prix des marchandises achetées dans les pays communautaires comme si elles étaient importées de l’étranger.
  • autres difficultés : longs retards dans l’obtention de certificat d’origine ( CO ) auprès du comité national d’agrément ( N A C ) lors du dépôt d’une demande.
  • refus des Agences douanières de certains États membres d’honorer des certificats d’origine, même valables.

Les Devises : un frein pour l’intégration ?

Plus importants encore les problèmes créés par les devises multiples dans la région et les paiements par le biais des devises Internationales intermédiaires découragent les opérateurs économiques les plus endurcis.
Autant d’écueils qui constituent entre plusieurs autres, de sérieux freins à l’intégration économique.
Ce ne sont là que quelques-uns des obstacles parmi la multitude citée par le conférencier Arèmu et dont les corrections pourraient grandement contribuer à la réalisation de l’intégration économique tant souhaitée au sein de la CEDEAO.
Le second exposé du professeur Jonathan Arèmu se rapporte au système panafricain de paiement et de règlement dans la Z L E CA F ( Zone de Libre Échange Continentale Africaine ).

Qu’est-ce que le P A P S S ?

La facilitation du commerce et des investissements intra- régionaux figure au nombre des objectifs de la Z L E C A F. Mais, pour que la libre circulation des biens, des services et des capitaux devienne une réalité, il est indispensable de mettre sur pied, un système de paiement et de règlement efficace et fonctionnel.
Les systèmes de paiement existant en Afrique sont souvent inefficaces en terme de coût, de temps, de convenance, d’adaptabilité et de finalité en comparaison aux pratiques internationales. Un transfert de fonds international qui, via les réseaux électroniques ne prendrait que quelques minutes pour faire le tour du monde, peut prendre deux semaines pour parvenir au bénéficiaire transfrontalier entre des pays d’Afrique de l’Ouest.
Nécessité donc de disposer en Afrique d’un système de paiement performant et sécurisé.
Pour le professeur Jonathan Arèmu, un système panafricain de paiement et de règlement ( P A P S S ) dans la région, permettrait de réduire les coûts et les retards dans les échanges de biens et de services ainsi que les inconvénients de la détention d’espèces, tels que le risque de vol, de monnaie contrefaite et de perte d’intérêts.

Une correspondance de Justin Roger Migan.

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