
L’ancien Ministre Alain-François ADIHOU rompt le silence
Alain-François ADIHOU a été reçu le vendredi 24 juillet dernier par Lucien DOSSOU sur l’émission « QUESTIONS ACTUELLES » de la Radio Capp Fm. Pendant 60 minutes, l’ancien ministre chargé des Relations avec les Institutions ( pendant 2 ans) puis de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle ( pendant 1 an) a fait le tour de l’actualité béninoise. Il s’est beaucoup accentué sur la présidentielle 2021. Dans le franc parlé qu’on lui reconnaît, sans retenue ni langue de bois, l’ancien ministre de KÉRÉKOU s’est confié au micro de la radio du succès au Centre Africain de la Pensée Positive. Le ministre ADIHOU venait ainsi de joindre l’acte à la parole. L’observateur actif de la vie politique nationale comme il s’est défini lui-même a rompu le silence qu’il s’était imposé pendant 100 jours à compter du 30 mars dernier suite à l’invalidation par la CENA de la liste du parti FCDB pour lequel il était candidat aux communales et aux municipales de mai 2020 dans la commune de Cotonou. C’était pour prendre du recul, observer, réfléchir, analyser et faire des propositions pour aider à prévenir les crises qui s’annonçaient déjà. Passé ce délai, le ministre Alain ADIHOU a donc décidé de se prononcer sur la situation politique que traverse le Bénin actuellement et a saisi la toute première occasion, celle de la radio Capp Fm. D’entrée, il a précisé les circonstances et les conditions de son soutien au candidat Talon, à savoir : les réformes politiques et institutionnelles qu’exigeait la situation politique d’entre temps. Il a ensuite déclaré n’avoir rien contre la personne du Président de la République mais tout contre la gestion qui est faite du pays par son régime, notamment depuis 2018 avec les lois portant réformes politiques et institutionnelles. Pour lui, ces réformes sont purement et simplement un échec. En effet dans un pays, pour que les lois soient efficaces et porteuses de progrès, elles doivent être de bonnes lois. Une loi est dite bonne lorsqu’elle est impersonnelle et de portée générale. Ce n’est pas le cas dans notre pays tout au moins depuis 2018 avec les lois portant réformes politiques et institutionnelles chez nous. « Beaucoup d’analystes et d’observateurs de la vie politique nationale l’ont dit avant moi, ces lois-là sont de mauvaises lois. Des lois d’exclusion, des lois crisogènes, c’est à dire porteuses de crises. C’est la raison pour laquelle, elles sont décriées et rejetées. D’une part, ces lois sont mauvaises, d’autre part, elles sont d’application difficile ». Mauvaise application, mauvaise loi. Voilà comment le ministre Alain ADIHOU a qualifié les lois sur lesquelles sont fondées les réformes politiques et institutionnelles tant prônées par le Président Talon. Elles ne peuvent que conduire à l’échec desdites réformes, et « c’est ce qui est arrivé, que nous déplorons et dénonçons avec la dernière rigueur », soutient-il. Pour démontrer cet échec, l’ancien ministre prédit la disparition des deux partis politiques de la mouvance créés avec la très forte implication personnelle du chef de l’État dès que celui-ci ne sera plus au pouvoir. Il affirme même que c’est la sourde préoccupation et l’inquiétude partagées par le plus grand nombre des responsables de ces partis. C’est pour cela, pense t-il, qu’il supplie le Président de la République de ne pas respecter la parole d’honneur qu’il a publiquement donnée à ses compatriotes et au reste du monde en annonçant il y a bientôt cinq ans qu’il s’appliquerait le mandat unique pour montrer la pertinence de cette proposition qu’il a faite en tant que candidat. Pour monsieur ADIHOU, c’est une obligation d’avoir une élection présidentielle inclusive en 2021. L’observateur actif de la vie politique nationale qu’il est, exprime sa crainte et avertit que la non inclusivité de la prochaine présidentielle risque d’être porteuse d’une crise post-électorale sans pareil. Pour éviter cela, il invite les décideurs actuels à faire appliquer la loi portant code électoral en sa disposition sur le parrainage. Dans une analyse simple et claire digne d’un professionnel de droit, il explique que le pouvoir que la loi donne aux députés et aux maires est un pouvoir régalien. En effet, dire que le mandat des députés n’est pas impératif signifie que, une fois élus ( même s’ils étaient mal élus), les députés sont des représentants du peuple et de la nation entière. Représentants du peuple, ils ne sont pas d’abord au service de leur parti politique encore moins de ses militants et responsables. Représentants de la nation, ils ne doivent pas d’abord et avant tout défendre les intérêts des circonscriptions dans lesquelles ils sont élus. Pour défendre la paix dans le pays à l’occasion de la prochaine élection présidentielle, les députés de la 8ème législature ne doivent donc pas attendre les ordres de leur parti politique respectif, l’UP et le BR, ni même de quiconque avant de parrainer les candidats de leur choix. Selon monsieur ADIHOU, parrainer signifie ici donner simplement quitus à tel ou tel citoyen qui le souhaite d’être candidat. N’est-ce pas ce que fait la Direction Générale des Impôts lorsqu’elle délivre des quitus fiscaux aux candidats aux différentes élections sans chercher à se convaincre de l’effectivité du paiement des impôts dus ? Donc, pour l’ancien ministre du Général Mathieu KÉRÉKOU, c’est Me Jacques MIGAN qui a raison de dire qu’au terme de la loi, « le parrainage est ouvert », et ce dans les limites de la dizaine de candidatures imposées par ladite loi. Et au ministre de demander avec force qu’on laisse les mains libres aux 160 élus du peuple, potentiels parrains, de faire librement leur travail en toute responsabilité républicaine. En filigrane, il soutient que c’est la seule condition possible pour garantir la paix avant et pendant la prochaine élection présidentielle. Ainsi au moins pour une première fois, la bonne application de cette disposition de la loi sera tout bénéfice pour le pays. Bien sûr, cette bonne application de la loi en cet article relatif au parrainage ne garantit pas une élection transparente. Cet autre débat appelle un autre combat.
Relayé par la rédaction du journal Détermination Infos